Nord-Kivu

Un accord pour un « cessez-le-feu immédiat » dès ce vendredi soir dans l’est de la RDC. Un accord trouvé lors d’un mini-sommet à Luanda, capitale angolaise. C’est ce qu’a annoncé le ministre angolais des Affaires étrangères, mercredi soir du 23 novembre cité par nos confrères de l’Agence française de presse (AFP).

Le président congolais Félix Tshisekedi était notamment réuni dans la capitale angolaise avec le ministre rwandais des Affaires étrangères Vincent Biruta, en l’absence du président Paul Kagame. Cette réunion avait pour but de mettre fin aux récentes tensions dans l’est de la RDC après l’échec d’un précédent accord de cessez-le-feu conclu en juillet.

Les parties se sont accordées pour exiger le retrait des rebelles du M23 « des zones occupées » et leur « repli dans leurs positions initiales », a précisé le ministre Tete Antonio, à l’issue de la réunion qui a duré toute l’après-midi. Le cessez-le-feu doit entrer en vigueur dès ce vendredi 25 novembre à 18h00 locales.

Elles ont également entériné la « poursuite du déploiement intégral de la force régionale » de la Communauté d’Afrique de l’est (CAE, EAC en anglais) décidée en juin. 

« Initialement le Kenya va déployer ses contingents à Goma, et ensuite à Bunagan, Rutshuru et Kiwanja », précise le communiqué final. 

« Si le M23 refuse de se désengager et libérer tous les territoires qu’ils occupent actuellement, les chefs d’Etat de la CAE instruiront la force régionale à faire usage de la force pour les pousser à se soumettre », ajoute le texte de l’accord.

Avant ces pourparlers, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies avaient demandé mardi l’arrêt des combats, le retrait du M23 des zones occupées et la fin de « tout soutien extérieur aux acteurs armés non étatiques, y compris le M23 ».

Tshisekedi présent à Luanda, Kagame absent

A Luanda, les délégations étaient reçues par le président angolais et médiateur désigné par l’Union africaine, Joao Lourenço. 

Il faut rappeler que l’est de la RDC est en proie depuis près de 30 ans aux violences de groupes armés, pour beaucoup héritées de guerres qui ont ensanglanté la région dans le sillage du génocide rwandais de 1994. 

Après une accalmie, la région connaît un regain de tensions depuis fin octobre. Les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), ancienne rébellion tutsi qui a repris les armes fin 2021 en reprochant à Kinshasa de ne pas avoir respecté des accords sur la démobilisation de ses combattants, ont pris du terrain en avançant sur Goma. 

La RDC accuse le Rwanda de soutenir cette rébellion, ce que Kigali conteste systématiquement. Kinshasa a affirmé mardi qu’il était « hors de question » de discuter avec les rebelles du M23 avant leur retrait des zones qu’ils occupent dans l’est du pays.

« Les conditions sont connues: vous vous retirez des localités occupées et à ce moment-là, on fait le point pour voir comment vous intégrer dans le processus tel que c’était prévu au départ », avait déclaré le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

Un cessez-le-feu avait été conclu en juillet à Luanda. Mais l’accord entre les chefs d’Etat des deux pays voisins avait été immédiatement violé sur le terrain.

Le chef d’Etat burundais, également président de la CAE, Évariste Ndayishimiye, était présent à Luanda ainsi que l’ex-président kényan Uhuru Kenyatta, en tant que facilitateur de la CAE pour la paix en RDC.

Les sept pays de la Communauté d’Afrique de l’est (CAE, EAC en anglais) dont Burundi, Kenya, Ouganda, RDC, Rwanda, Soudan du Sud et Tanzanie ont décidé en juin de l’envoi d’une force régionale en cours de déploiement. 

La Rédaction de CONGOLEO.NET 

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