gouvernance

Si vous habitez la ville de Bukavu, vous avez alors déjà reçu le message de la nommée « madame sirène Elisabeth wa maji. Celle-ci, envoie des messages via les différents réseaux de communication selon lesquels elle donnera de l’argent.

Le message en swahili  est celui-ci « Jambo ni mimi madame Elisabeth sirène kutoka majini, usiogope, una bahatiti, nataka kukusaidia na pesa kiasi 600 000 dollars. Ita docteur Moïse ku numéro 0814849427, 0972804695, akuongoze ».

Qui peut être traduit en français comme suit : « Bonjour, c’est moi Madame Elisabeth sirène en provenance de la mer. N’aies pas peur, tu as une chance, je veux t’aider avec une somme de 600.000 dollars. Appelle docteur Moïse à ces numéros 0814849427, 0972804695, pour qu’il t’oriente ».

Songa donne tout son salaire à Madme Elisabeth

Si la plus part des habitants font fi de ces messages, d’autres tombent dans son filet. C’est le cas de Songa Miletu, habitant de Bagira. Celui-ci vient de perdre son salaire mensuel de 300 dollars en voulant obtenir des milliers de dollars.

Il indique avoir répondu à ce message en appelant le numéro. Au bout du fil un homme lui répond et lui fixe rendez-vous au niveau de la mosquée de Karhale en commune de Kadutu. Celui-ci lui indique qu’il va l’aider à recevoir son argent mais qu’il doit déposer aussi la somme de 300 dollars avant l’opération.

« Il m’a obligé de mettre la somme dans un sac. Sur place je le lui ai remis et en contrepartie il m’a donné une enveloppe-sac gonflée en m’intimant l’ordre de ne pas l’ouvrir sur place pour éviter les curieux », dit-il.

Songa Miletu indique avoir ouvert l’enveloppe une fois chez lui. « Dedans il n’y avait que des tissus usés et sales, pas même un franc ». Il a alors rappelé le numéro et là on lui répond de mettre le numéro dans la liste noire. « Tu as déjà perdu », lui répondit.

Avec ce qui vient de lui arriver, Songa est devenue l’objet de moquerie dans sa famille. Sa femme se demande comment son mari pouvait se laisser berné jusqu’à ce point. « Nous avons prévu d’acheter un nouveau salon avec cet argent », dit-elle.

Elisabeth la sirène, des jeunes de la ville

Prince Bugera, habitant de la même commune de Bagira, a pris le courage d’appeler la nommée sirène de la mer après avoir reçu plusieurs fois ses messages. « Il émettait des sons et des voix comme ceux que nous suivons dans des sketchs illustrant l’enfer. Je m’étais mis à tonner et il m’avait raccroché », dit-il.

Patricien Wabulaombe indique qu’il ne s’agit d’une dame mais d’un réseau des jeunes de la ville qui arnaquent des habitants vers les réseaux téléphoniques. « Le fait que chaque fois des messages sont envoyés par ce groupe, cela signifie qu’il y a des personnes qui tombent dans le panneau ».

Il regrette de voir que des autorités sont au courant de cette situation mais elles préfèrent ne rien faire. Il s’étonne aussi de la non implication des sociétés de communication, dont leurs réseaux sont utilisés pour escroquer des paisibles citoyens.

Songa Miletu appelle des habitants à la vigilance et à la prudence. Il fait savoir qu’il est maintenant  dans la sensibilisation pour décourager ce genre d’histoire.

Irène Bifomo

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